08.21
Jusqu’à la fin du Moyen Age, on construit dans tous les pays des orgues identiques et de même style. C’est seulement avec la Renaissance que commencent à se former et à se différencier certaines écoles nationales. Plus un pays était isolé au point de vue géographique, plus les différences de facture étaient prononcées.
Ainsi, les particularités stylistiques sont bien marquées en Italie, en Angleterre et dans la Péninsule ibérique. Les pays européens situés au nord des Alpes ont davantage de points communs. Il s’ensuit que leurs factures d’orgues diffèrent moins entre elles (Pays-Bas, pays scandinaves, France, Allemagne du Nord et du Sud, Autriche et territoires slaves).
Italie ![]()
L’orgue classique italien possède en principe un seul clavier manuel et un pédalier rudimentaire. Les facteurs d’orgues italiens soignent particulièrement leur spécialité, le timbre du ripieno, le plein jeu complet, dont chaque rang donne sur une octave ou une quinte différentes. Parallèlement, ils construisent des flûtes ouvertes dans les registres de 2’ et 4’, ainsi qu’un deuxième principal, ou « voce umana » très apprécié. Les autres jeux, comme la flûte conique, les jeux contenant une tierce et les jeux d’anches n’ont pas la faveur du public. Vers 1550, l’orgue italien est ainsi achevé et son évolution terminée.
L’orgue espagnol ressemble à ses débuts à l’orgue italien, tout au moins en ce qui concerne le clavier unique et la conception du pédalier. Vers 1580, le pédalier évolue pour atteindre une grande étendue : ut1-ré3. A côté du plein jeu, l’Espagne développe les jeux de solo (jeux à grosse taille) : flûtes, nasard, cornet, diverses anches). Toutefois, les deux particularités les plus remarquables de l’orgue espagnol et portugais sont les batteries d’anches en chamade (tuyaux horizontaux format éventail au dessus de l’organiste) et l’emplacement de l’orgue, généralement dans le « coro », où était célébrée la liturgie, au centre de la nef principale. Depuis le XVIIIe siècle, on a souvent ajouté un clavier expressif dans le soubassement de l’orgue.
En 1720, l’orgue de la cathédrale Saint-Paul de Londres est équipé d’un pédalier pour la première fois. L’utilisation de la pédale reste cependant exceptionnelle jusqu’en plein XIXe siècle. En 1810 encore, il n’y a que deux orgues de cathédrales possédant une pédale indépendante.
Pays situés au nord des Alpes
Dans la première moitié du XVIe siècle, l’organum plenum disparaît au profit des jeux séparés. Parallèlement, on crée un grand choix de formes de tuyaux.
France ![]()
L’orgue français englobe depuis le XVe siècle le grand orgue, le positif et la pédale. Cette dernière n’a qu’une fonction : exposer en valeurs longues soit la basse (« basse de flûte »), soit le cantus firmus au ténor (« trompette en taille »). Les jeux nouveaux (flûtes, bourdons, cromorne, trompette, cornet) sont immédiatement adoptés et connaissent la faveur des Français. Ces jeux de solo sont répartis sur tous les claviers à l’apogée de l’orgue classique français, entre 1650 et 1750.



